La série de tableaux, intitulée Bagarres, est la continuation de mon interprétation révisionniste de l'histoire. Cette nouvelle série est cependant profondément influencée par la mythologie. Toutes les grandes sociétés ont développé leurs propres mythes composés des récits de leur histoire, de leurs religions et de leurs héros. Les récits fabuleux sont généralement des représentations de faits ou de personnages réels qui ont été déformés ou amplifiés par l’imagination collective. Je m’intéresse surtout au sens symbolique des mythes qui tente souvent de justifier l’occupation d’un territoire par un peuple particulier.

Un bon exemple est le lion, symbole du pouvoir impérial de l’Angleterre. Le roi Henry II a été le premier à intégrer, en 1158, le lion doré dans les armoiries de la monarchie britannique. On surnomme cette bête le roi des animaux car il évoque la force et la suprématie. D’ailleurs, au moyen-âge, alors que les lions ont commencé à être très répandus en héraldique, peu d’Anglais avaient réellement vu un lion. Ces créatures étaient pour eux, des animaux fabuleux au même titre que les dragons.

Au Canada, le lion est toujours le symbole de l’autorité royale anglaise. Aucune espèce de lion n’est originaire du Canada. Pourtant, cet animal figure dans les armoiries canadiennes et dans celles de sept provinces afin de représenter les liens avec la monarchie britannique. Par exemple, le tiers supérieur du drapeau du Nouveau-Brunswick est composé d’un lion sur fond rouge. Dans le tableau L’embuscade de Charles Deschamps de Boishébert, les lions aident les Anglais à contrer la résistance acadienne lors de la déportation. Telle une scène de mythologie ancienne, cette image peut facilement évoquer des événements réels et fictifs concernant un peuple conquis ou colonisé.

Les éléments de mythologie, de guerre et de conflit s’insinuent dans les représentations et les annales historiques comme des gestes de résistance inattendus et audacieux. C’est le thème de Bagarres.

The series of paintings, titled Bagarres (melees), is the continuation of my revisionist interpretation of history. However, this current series is also concerned with the fabrication of mythology.  All great civilisations have developed myths shaped by stories of the past, religious beliefs, and heroes. Fabulous tales are often based on actual events or persons whose stories are amplified or transformed by the collective imagination. I am interested in mythology’s symbolic meaning, often used to justify the occupation of a territory by a given community.

A good example is the lion, symbol of England’s imperial power. King Henry II was the first to integrate, in 1158, the golden lion to the coat of arms of the British monarchy. This animal is known as the king of beast because it evokes strength and supremacy. In the Middle Ages, when lions started to become common in heraldry, few English had ever seen a real lion. These creatures were to them as fabulous as dragons.

In Canada, the lion still represents English royal authority. No species of lion come from Canada. However, this animal appears on the Canadian coat of arms, and that of seven provinces, representing ties with the British Monarchy. For example, the upper third part of New Brunswick’s flag is of a lion on a red background. In the painting titled L’embuscade de Charles Deschamps de Boishébert (the ambush of Charles Deschamps de Boishébert), lions contribute to the English defence against Acadian resistance during the deportation. As in a scene from ancient mythology, the image can easily evoke real or fictional events concerning a conquered or colonised people.

Elements of mythology, war, and conflict are integrated to the visual and written recordings of history as representations of unexpected and audacious acts of resistance.

La taille moyenne de ces tableaux se situe entre 66 x 122 cm et 122 x 152 cm. La plupart des œuvres : pastel, crayon, crayons couleurs, encre et acrylique sur bois. Photographie des oeuvres : Mathieu Léger, StudioGraph et Marc Grandmaison.

The average size of these paintings is from 66 x 122 cm to 122 x 152 cm. Most works have a mixture of pastel, pencil, coloured pencils, ink and acrylic on wood. Image photography: Mathieu Léger, StudioGraph and Marc Grandmaison.
© Mario Doucette, 2013